Chagrin d'amour ❤️‍🩹


En 4ème quand je me suis fait larguée par Hervé Lerouge - le BG du collège - j’ai pleuré toutes les larmes de mon corps en écoutant du Brian Adams.

Ça faisait au moins 15 jours qu’on était ensemble 👀.

Mon record !

Il ne s’était pas embarrassé d’un “c’est pas toi, c’est moi”.

C’était plutôt.

“Faut qu’je te parle”

“Je casse”

👉 Grosse blessure d’égo et d’abandon.

Après 3 jours de désespoir, j’ai repris ma liste de “crush” et je suis passée au suivant 😉

Évidemment, de mon point de vue actuel, je trouve ça niaiseux. Pourtant, on le sait tous, l’intensité de la douleur n’est pas nécessairement proportionnelle à la gravité de la situation.


Notre quotidien de prof est peuplé de petites blessures d’abandon et on peut être surpris par l’intensité de nos émotions même pour des trucs pas graves.

Je pense par exemple à toutes les fois où on s’est senti rejeté.e car:

  • on n’a pas été invité.e au pot de départ d’Émilie
  • on n’a pas reçu de cadeau des élèves pour noël alors que la collègue a eu 3 boites de chocolats
  • on n’a pas été choisie pour accompagner une sortie ou un voyage
  • on ne s’est pas senti.e soutenu.e en conseil de classe

ou bien, en ce qui concerne l’agreg:

  • on ne nous a pas proposé de se joindre à un groupe de travail
  • on reçoit un commentaire blessant sur une copie
  • on a l’impression de déranger tout le monde quand on pose une question
  • on a le sentiment d’être le vilain petit canard
  • on ne se sent pas soutenu.e par son entourage

Autant de petites plaies qui viennent raviver d’anciennes blessures. Ce qui expliquerait que, selon notre vécu, on soit quasi immunisé ou au contraire très sensible aux petites piques du quotidien.

👉 Aujourd’hui, j’aimerais te parler de la blessure d'abandon au sein de deux relations primordiales: la relation à soi et la relation aux autres.

Dans les exemples précédents, je n’ai mis en avant que les blessures d’abandon concernant notre relation aux autres. Je me sens rejeté.e, à tort ou à raison, et ça me fait souffrir car je pense que cela signifie que je ne suis pas “assez”. Malgré la douleur, il est généralement plus facile de s’affranchir de l’opinion des autres que de la nôtre. C’est pourquoi, la relation entre soi et soi est encore plus délicate.


Pendant cette période difficile où on peine à avancer sur nos révisions, il n’est pas rare que l’idée d’abandonner nous traverse l’esprit plusieurs fois par jour.

  • Allez fini le calvaire, j’abandonne
  • A quoi bon, je suis tellement en retard de toute façon
  • Imagine des vacances de noël où je peux vraiment profiter de ma famille sans culpabiliser de ne pas bosser.

J’en passe.

Ton cerveau reptilien n’a pas besoin de moi pour te trouver mille bonnes raisons pour lesquelles ça vaut le coup d’abandonner. Mais attention, il ne se projette que dans des bénéfices à court terme et laisse complètement de côté le long terme. C’est normal. Il est programmé pour ça.


Rappelle-toi, la raison pour laquelle tu as décidé de passer l’agreg - quelle que soit ta raison - c’est toujours parce que la douleur de ne rien faire était plus forte que la douleur d’entreprendre.

Je sais que c’est épuisant car tu dois en permanence faire l’arbitrage entre un inconfort présent et un inconfort futur. Mais quoi qu’il arrive, tu seras confronté à l’inconfort.


Ton unique choix repose entre l’inconfort de la nouveauté ou l’inconfort du surplace.


De mon point de vue, quitte à souffrir, autant que ça nous fasse avancer. Mais, bien sûr, c’est beaucoup plus facile à dire qu’à faire.

A cela s’ajoute la blessure d’abandon.

Lorsqu’une relation s’émousse et que l’un ou l’autre des partenaires veut partir, on a toujours la possibilité de couper les ponts.

Mais lorsque cette personne c’est nous même, il faut être sûr qu’on aime ses raisons pour abandonner. Si on abandonne pour de mauvaises raisons, on ne fait qu’échanger la douleur de l’effort contre la souffrance de la culpabilité.

Pour autant, je ne suis pas en train de dire qu’il faut s’acharner à tout prix. Il y a toujours des cas particuliers et des situations exceptionnelles.

  • Si tu risques un burn out
  • Si une autre priorité d’ordre familial survient
  • Si un événement de force majeur s’impose à toi.

Généralement, ton intuition ne se trompe pas. Tu sais très bien faire la différence entre un prétexte et un impératif.

Sache que malheureusement, tu risques tout de même de souffrir, même si tu es aligné avec tes choix. Tout comme, un divorce à l’amiable peut être douloureux même si les deux parties sont consentantes 🥲


💡 A retenir

  1. Les blessures d’abandon s’accumulent et nous rendent plus ou moins vulnérables. Certains construisent une carapace et d’autres sur-réagissent. Tout ça parce qu’on ne nous a pas réellement enseigné (dans l’enfance) à gérer nos émotions.
  2. La blessure d’abandon la plus délicate à naviguer concerne la relation à soi. Dans les moments difficiles, il n’est pas rare d’avoir envie d’abandonner. Avant de prendre une décision, on se doit de dialoguer avec son soi du passé et du futur. Je résous un problème aujourd’hui mais j’en crée un pour demain. Sauf si, je suis parfaitement aligné.e avec mes raisons.

bonne semaine,

Marie

🧑‍🎓 Marie MOTARD

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