🦘 Rebondir après les résultats


J’ai remarqué quelque chose d’étrange 👀

Quand je vais sur cyclade pour voir les résultats des candidats que je suis, je fais défiler la liste le plus lentement possible.

Je pourrais aller droit au but en tapant le nom dans la barre de recherche.

Mais, je me laisse l’opportunité d’y croire, dur comme fer, jusqu’à la dernière seconde.

Parfois, je tombe enfin sur le nom que je cherchais et mon cœur bondit de joie 💓.

Parfois, je ne le trouve pas. Alors, je refais défiler. Ce n’est pas possible. Il doit y avoir une erreur. Son nom ne peut pas ne pas être sur la liste 🫣.

Plus on y croit, plus la déception est grande.

C’est tout le paradoxe de ce concours.

👉 Pour l’avoir il faut y croire. MAIS, y croire nous rend vulnérable.


Y croire vraiment, c’est prendre le risque d’être blessé en son for intérieur.

C’est d’autant plus dur que, généralement, nous n’avons pas connu l’échec scolaire. La plupart d’entre nous aimions l’école. C’est d’ailleurs pour cela que nous avons décidé d’y rester 😉

➡️ C’est le syndrome de la bonne élève.

Nous sommes habitués à réussir à l’école. De ce fait, l'échec est d’autant plus inacceptable car il remet en cause notre identité même.

L’identité autour de laquelle on s’est construit est sclérosée.

  • D’un côté, je sais que je suis un “bon” prof.
  • De l’autre, ces résultats viennent me dire que je suis un “mauvais” élève.

Cela crée, ce que le psychologue Léon Festinger a appelé de la dissonance cognitive*.

🔎 La minute théorique

Il y a deux parties de notre identité que l’on arrive pas à réconcilier. Et ce hiatus engendre une souffrance psychologique.

Aussi, dans l’objectif de retrouver un équilibre interne pour diminuer la douleur, nous ajustons nos croyances de façon à rendre cohérents les éléments de notre univers personnel. Cet ajustement passe par un processus de rationalisation .


Beaucoup de candidats abandonnent à ce stade à cause de ce phénomène.

Pour retrouver cette cohérence interne, ils se disent par exemple :

➡️ “De toute façon, je n’ai pas besoin de ce concours. Je sais déjà que je suis un bon prof.”

Ce qui est totalement VRAI.

La réussite à l’agrégation n’est pas un gage de notre valeur en tant que prof, ni de notre érudition.

Cela n’a même rien à voir.

Cette rationalisation nous donne la permission d’abandonner.

Ou encore

➡️ “Je le savais, je n’ai pas le niveau. J’ai eu tort de croire que je pouvais y arriver.”

Ce qui est totalement FAUX.

La réussite à l’agrégation n’est pas non plus un gage de nos aptitudes ou de notre degré d’intelligence.

C’est juste la mesure d’un niveau de performance à un instant T. Les épreuves mesurent notre niveau d'entraînement à une tâche très précise et très formatée.

Cette deuxième forme de rationalisation nous donne également la permission d’en rester là.

Et pourtant ! Vous n’avez jamais été plus proches de la décrocher que maintenant.

Le problème, c’est qu’il y a une incertitude sur le reste du chemin à parcourir.

Personne ne peut nous dire “ tu l’auras l’année prochaine, c’est certain”

En revanche, ce qui est sûr c’est que tant qu’on abandonne pas, on reste dans la course.

💡 A retenir

Les résultats d’admissibilité ont déjà commencé à tomber pour les candidats à l’agrégation interne.

Que vous soyez ou non sur la liste, vous pouvez déjà être fiers de vous.

Ce que vous avez acquis lors de cette préparation, personne ne peut vous l’enlever.

Certes les connaissances ont tendance à s’évaporer au cours du temps si on ne les mobilise pas. En revanche, les compétences telles que la discipline, la persévérance et la résilience sont acquises pour toujours et totalement transférables à tous les projets de votre vie.

Bonne semaine,

Marie

*Ce concept est formulé pour la première fois par le psychologue Leon Festinger dans son ouvrage A theory of cognitive dissonance (1957)

🧑‍🎓 Marie MOTARD

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