[Série estivale - Ép 7] : Dans les pas de Stéphanie


Je crois que c’est la première fois que je publie dans cette série le témoignage de quelqu’un qui n’a PAS eu l’agrégation.

Et j’y tenais.

Parce qu’à force d’interviewer des lauréates, des admissibles devenues admises, des « je l’ai eue du premier coup » ou des « j’ai échoué trois fois mais la quatrième était la bonne », je pourrais finir par donner une vision un peu biaisée de l’histoire.

Comme si une préparation à l’agrégation n’avait que deux issues possibles :

Tu l’as = réussite. 🏆
Tu ne l’as pas = échec.

L’histoire de Stéphanie raconte exactement l’inverse.


Stéphanie a préparé l’agrégation interne de lettres modernes quatre fois.

Lors de sa dernière tentative, elle a mis le paquet.

Ancienne sportive de haut niveau en lancer de marteau (oui, oui 😅), elle sait ce que veut dire s’entraîner, recommencer, analyser une contre-performance et modifier sa stratégie.

Elle a travaillé ses points faibles.
Appris à mieux planifier.
Hiérarchisé son travail.
Entraîné sa mémoire sur le long terme après avoir vécu un terrible blackout lors d’une précédente tentative.

Et surtout, elle a appris à travailler moins… mais mieux.

Résultat : elle a été admissible.

Puis elle est allée aux oraux.

Et elle n’a pas eu l’agrégation.

Voilà.

Normalement, dans une success story bien ficelée, c’est à ce moment-là que la musique triste démarre. 🎻

Sauf que Stéphanie ne raconte pas du tout son histoire comme ça.

Et c’est précisément pour cette raison que j’ai voulu l’interviewer.

Parce qu’entre sa première tentative et cette dernière, quelque chose avait profondément changé.

Elle avait arrêté de considérer l’agrégation uniquement comme un RÉSULTAT pour commencer à la considérer comme un CHEMINEMENT.

Et ça change tout.

Pendant cette préparation, Stéphanie a obtenu 18/20 à une composition française sur Jacques Roubaud.

Elle a appris à organiser son travail d’une manière qui lui sert encore aujourd’hui dans tous ses projets.

Elle a développé une exigence intellectuelle qui l’a conduite à proposer des articles à des revues littéraires — certains ont été acceptés.

Et surtout, une œuvre qu’elle avait étudiée « pour le concours », Quelque chose noir de Jacques Roubaud, est devenue une véritable rencontre intellectuelle et personnelle.

Alors elle en a fait quelque chose.

Elle a transformé les connaissances universitaires accumulées pendant sa préparation en un projet pédagogique mené avec ses élèves de quatrième autour de l’œuvre et de l’inclusion.

Un travail qui sera publié à la rentrée.

Tout ça après avoir « raté » l’agrégation.

Tu vois où je veux en venir ?

On passe tellement de temps à fixer des objectifs qu’on finit parfois par croire que tout ce qui n’est pas exactement l’objectif prévu ne compte pas.

Pourtant, le chemin produit parfois des résultats qu’on n’avait même pas pensé à mesurer.

Des compétences.
Des rencontres.
Des idées.
De la confiance.
Une nouvelle manière de travailler.
Parfois même de nouveaux projets.

Évidemment que Stéphanie voulait l’agrégation.

Je ne vais pas te servir la rengaine du « l’important c’est de participer ». 😂

Mais ce que j’aime dans son témoignage, c’est qu’elle ne laisse pas une liste de résultats décider à sa place de la valeur de tout ce qu’elle a accompli.

À un moment de notre conversation, elle dit une phrase que j’ai immédiatement notée :

« Une erreur, c’est une information. Deux erreurs, ce sont deux informations. »

Je crois que ça résume assez bien Stéphanie.

Je te laisse découvrir notre conversation et surtout lui piquer sa manière assez extraordinaire de transformer ce qui aurait pu être vécu comme un échec en carburant pour la suite. ❤️

bonne semaine,

Marie

PS: Certains ont déjà reçu leurs copies, pour les autres ça ne devraient pas tarder. J'apprécierais beaucoup si vous vouliez bien me les partager par retour d'email SURTOUT EN MATH.

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🧑‍🎓 Marie MOTARD

Ma devise préférée : "Le succès est inévitable" Dans cet état d'esprit, j'ai créé une méthodologie simple pour réussir l'agrégation sans sacrifier sa vie personnelle. Si j'ai réussi à obtenir l'agrégation d'anglais sans avoir fait d'études d'anglais, vous le pouvez aussi.

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