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J’étais assise à côté de celui qui allait finir premier. Ce moment restera à jamais gravé dans ma mémoire. Un samedi matin d’octobre, dans une petite salle carrée de la Sorbonne. Le mur du fond était occupé par une immense bibliothèque vitrée remplie de vieux bouquins poussiéreux. Probablement des exemplaires uniques d’une valeur inestimable… mais mon maigre bagage littéraire ne me permettait pas vraiment de le savoir 😅. À côté de moi, il y avait Olivier. Olivier déroulait tranquillement son plan détaillé sur une feuille simple. Une jolie petite écriture à l’encre bleue. Fine. Régulière. Organisée. Bref, le calme olympien. Moi, je faisais des va-et-vient entre son brouillon et les miens. (Oui, va-et-vient prend deux traits d’union et reste invariable. Cette newsletter est aussi un service public 😂.) Car je n’avais pas UN brouillon. J’en avais plusieurs. Des flèches dans tous les sens. Un astérisque. Deux astérisques. Trois astérisques. Des idées encerclées, déplacées, barrées, puis réhabilitées dix minutes plus tard. Et surtout, une obsession : remplir deux feuilles doubles. WARNING ⚠️ Remplir des pages ne doit JAMAIS être l’objectif d’une dissertation. Mais ça, je ne le savais pas encore. Je découvrais l’exercice, contrairement à mon voisin, manifestement rompu à ce genre de réjouissances. Il en était déjà à la rédaction alors que je n’étais même pas certaine d’avoir trouvé la bonne problématique. Ce premier concours blanc a ressemblé à un accouchement. Long. Douloureux. Et sans péridurale 😫. Le sujet portait sur The House of Mirth d’Edith Wharton. Je ne pensais RIEN de ce roman. Déjà, je l’avais lu péniblement pendant les grandes vacances. Et maintenant, on me demandait d’avoir une opinion dessus, de construire une démonstration et, tant qu’à faire, de produire quelque chose d’intelligent. Malheur. La littérature était ma bête noire. La poésie, c’était encore pire. Quelques mois plus tard, le jour du véritable concours, l’épreuve de dissertation est tombée sur la littérature. Et, histoire d’enfoncer le clou, sur un recueil de poèmes. J’ai eu 13/20. 😳 Pourquoi ? Parce que, lors de ce premier concours blanc, je suis allée jusqu’au bout. J’ai rendu un truc. C’était probablement maladroit, bancal et atroce à corriger. Mais je me fichais de ce que le professeur allait penser de moi ou de ma copie. Tout ce qui m’intéressait, c’était de pouvoir me dire : « Ça y est. Je l’ai fait. C’est possible… même pour moi. Maintenant, c’est une question d’entraînement. Si je l’ai fait une fois, je peux le refaire. » Nous sommes à la mi-septembre et je sais que certains d’entre vous ont déjà un premier devoir à rendre. Peut-être que tu regardes le sujet depuis plusieurs jours sans oser commencer. Tu accumules encore quelques connaissances, tu relis un article, tu ajoutes une référence dans ta fiche… tout en te répétant que tu n’es « pas prêt ». Peut-être même envisages-tu de ne pas rendre ton devoir parce que tu as peur de la note, du regard du correcteur ou, pire encore, de découvrir l’étendue de tes lacunes. Je vais donc te dire quelque chose d’important : Pour ton premier devoir, ton objectif n’est pas de rendre une bonne copie. Ton objectif est de rendre UNE copie. Une copie imparfaite, incomplète, avec une problématique bancale, un plan déséquilibré et une troisième partie rédigée dans l’urgence parce que tu as passé beaucoup trop de temps sur l’introduction. Bref, une vraie première copie. Elle révélera certainement tout ce que tu ne maîtrises pas encore. Mais c’est précisément à cela qu’elle sert. Un premier DST n’est pas un verdict définitif sur ton niveau : c’est une photographie prise au début du voyage. Et personne ne juge l’arrivée en regardant la photo prise sur le quai de la gare. Avec le temps et l’entraînement, ce qui te paraît aujourd’hui insurmontable deviendra un exercice presque familier. Tu vas construire ta méthode, développer des automatismes, apprendre à analyser un sujet sans paniquer, à organiser ton brouillon sans y bâtir un labyrinthe et à gérer ton temps sans rédiger ta conclusion pendant que le surveillant ramasse déjà les copies. Mais pour progresser, il faut accepter de produire AVANT de se sentir prêt. C’est le piège dans lequel tombent beaucoup de candidats : ils attendent d’avoir suffisamment de connaissances, suffisamment de méthode et suffisamment confiance en eux pour commencer à s’entraîner. Or, la confiance ne vient pas avant l’action. Elle se construit après, devoir après devoir, lorsque tu réalises que tu peux traverser six ou sept heures de composition sans disparaître dans une faille spatio-temporelle. Tu ne rends pas une copie parce que tu es prêt. Tu rends une copie pour le devenir. Le plus dur, c’est la première fois. Alors, ouvre ton document, lance ton chronomètre et va jusqu’au bout, même si c’est bancal, même si tu doutes et même si, à côté de toi, Olivier a déjà terminé son plan détaillé avec sa jolie petite écriture bleue 😂. à samedi Marie |
Ma devise préférée : "Le succès est inévitable" Dans cet état d'esprit, j'ai créé une méthodologie simple pour réussir l'agrégation sans sacrifier sa vie personnelle. Si j'ai réussi à obtenir l'agrégation d'anglais sans avoir fait d'études d'anglais, vous le pouvez aussi.
J’ai mal pour toi quand tu me dis : « Je suis un élève médiocre qui ne réfléchit pas vite. » Tu as obtenu le CAPES du premier coup, en candidat libre. Tu as décroché un 14 à une épreuve de l’agreg. Mais quand tu me racontes ton parcours, c’est encore l’élève médiocre que tu vois. J’ai reçu le mail d’un candidat qui se décrit comme ça. Un long mail, précis, réfléchi. Il y raconte ses tentatives, les heures à travailler, les dissertations apprises par cœur. Et cette difficulté qui persiste...
Lundi 31 août. Ça fait trois jours que les valises de l'été traînent, à moitié défaites, au milieu du couloir. Normalement, ça m'aurait rendue folle. D'habitude, je déteste ce truc-là — alors, comme ça m'énerve, je le fais mal. Je jette tout dans la machine, je bourre les habits en vrac dans les placards, je referme les portes, et hop : bonne conscience. En apparence, tout est rangé. À l'intérieur, c'est Tchernobyl. (Oui, oui, au cas où tu en douterais, il y a une bonne et une mauvaise façon...
Quand Aurélie a commencé à préparer l’agrégation de maths, elle n’avait même pas encore le droit de la passer. Elle aurait donc très bien pu attendre tranquillement d’être éligible avant de s’y mettre. Mais elle a choisi une autre stratégie. Elle a commencé doucement. 5 à 8 heures par semaine. ❌ Pas de travail pendant les petites vacances. ❌ Pas de planning militaire affiché sur le frigo. ❌ Pas de vie sociale sacrifiée sur l’autel de l’agrégation. Elle apprenait. Et surtout, elle prenait du...