Ne te retourne pas / Don’t look back


Je vais être honnête avec toi ... Je ne me trouve pas très cultivée.

D'ailleurs, j'en rigole souvent avec mes coachés. Comme par exemple quand je confonds Harakiri et Mata Hari 😂

Ça se retrouve dans mes lectures. Je préfère souvent des romans de vacance ou de développement personnel au dernier prix Goncourt.

Ces dernières semaines, j’ai enchaîné les séries Netflix tirées des romans de Harlan Coben.

Oui, je sais.

On est loin des pointures de l’agrégation et clairement du côté de la littérature de gare.

Des titres accrocheurs — ou ringards 😂, chacun jugera — du type Ne t’éloigne pas, Tu me manques, Ne t’enfuis plus

Et pourtant.

Même si ce ne sont pas des chefs-d’œuvre, force est de constater qu’ils se lisent — et se regardent — d’une seule traite.

Bref. Addictif 😂

Du coup, quand j’ai commencé à brainstormer le titre de cette newsletter, je n’arrivais pas à me défaire de cette ambiance.

Et c’est ainsi que je me suis résignée à choisir un mauvais calque franco-anglais :

« Ne te retourne pas / Don’t look back ».

Pas très académique.

Mais terriblement pertinent pour parler du moment que tu es en train de vivre.

Parce que le premier écueil à éviter quand on sort des écrits, c’est de se refaire le film en boucle.

Encore.

Et encore.

À chaque fois qu’on appuie sur play, nos pronostics de réussite diminuent 🤦‍♀️

C’est logique ! Plus on ressasse, plus on trouve de nouvelles preuves de ce qu’on n’a PAS mis dans sa copie.

  • Les références oubliées.
  • L’exemple qui arrive sous la douche, trois jours plus tard.
  • Le “s” qu’on a rajouté à la dernière minute alors qu’il n’en fallait pas.
  • Les fameux flashs : « Mais comment ai-je pu écrire cette horreur ?! »

Et le problème, ce n’est pas seulement que ça fait mal.

C’est que ça nous maintient coincés dans le passé, alors même qu’il faudrait commencer à se projeter dans la suite.

La traduction anglaise est d’ailleurs beaucoup plus parlante que la version française, en termes d’image.

Don’t look back ➡️ littéralement ➡️ Ne regarde pas derrière

🏃‍♀️‍➡️ Prenons une métaphore sportive.

Le sprinter ne regarde jamais derrière lui pour vérifier qui est sur ses talons.

Pourquoi ?

Parce que la simple torsion du buste suffit à le déséquilibrer.

Et parfois… à le faire chuter.

S’appesantir sur ce qu’on a fait — ou mal fait — nous fait perdre du temps, évidemment.

Mais surtout, ça a un effet ultra négatif sur la suite.

  • Sur l’énergie.
  • Sur la clarté.
  • Sur l’élan.


Et tant qu’on regarde derrière, on ne peut pas se propulser vers l'avant.

👉 La question n’est donc pas : « Ai-je bien réussi les écrits ? »

👉 La vraie question, c’est : « Comment j’utilise ce que j’ai déjà fait pour préparer la suite ? »

✅ La solution

C'est ce que j'appelle LE PIVOT

Oui, pivoter.

Si tu ouvres un dictionnaire, tu peux lire "Cône ou pointe terminant un axe vertical fixe sur lequel tourne librement une charge"

Ce qui m'intéresse, c'est surtout la toute fin de la définition. Le mouvement est rendu facile — quelque soit le poids de la charge — grâce à l'enracinement.

Quand on pivote, on garde un point d’appui au sol.

Et c’est exactement ça, la clé 🔑 entre les écrits et les oraux.

  • Même si les épreuves sont différentes.
  • Même si les formats changent.
  • Même si les attentes évoluent.

👉 Tu ne repars PAS de zéro.

Tu peux t’appuyer sur une partie de tes connaissances disciplinaires, évidemment.

Mais surtout — et c’est souvent sous-estimé — sur tout ce que tu as construit depuis septembre.

  • Ta capacité à t’organiser.
  • À suivre (à peu près 😅) un planning.
  • À travailler en temps limité.
  • À tenir dans la durée.
  • À bosser en groupe ou en binôme pour te soutenir quand ça tangue.

Tout ça, ce sont des acquis de la première manche.

Et ils sont transférables.

Immédiatement.

Les oraux ne sont pas une nouvelle course.

C’est la suite de la même épreuve.

Avec un angle différent.

Un autre rythme.

Un autre regard.

Alors non, tu ne sais pas encore si tu es admissible.

Oui, l’incertitude est inconfortable.

Mais rester immobile en attendant un verdict hypothétique, c’est le meilleur moyen de perdre l’avantage que tu as mis des mois à construire.

Ne te retourne pas.

Pivote 💫

⚠️ Ce conseil est tout aussi valable pour ceux et celles qui s'apprêtent à enchainer avec les écrits de l'externe. ⚠️

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